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cet été là

Quelques témoignages du passage du temps.

Dans cette catégorie, vous retrouverez des photographies du jardin, prises approximativement d’un même point de vue, mais à des étapes d’évolution différentes.

Mai 2004 – l’inexistence
Avril 2005 – la gestation
Août 2006 – la naissance
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Août 2007 – les premiers pas
Juin 2008 – la croissance
Mai 2009 – se rapprocher du but
Mai 2010 – la route est encore longue
Juillet 2012 – voir ne suffit plus

[dernière mise à jour le 16/07/2012]

Le lien

Je n’ai jamais eu le désir d’afficher ici ce qui ne me semblait pas être, même juste un peu, « digne d’intérêt ».

Mais qu’est-ce qui est digne d’intérêt ?
Faut-il ne montrer que les plus beaux moments du jardin, essentiellement au printemps et à l’automne, et faire comme si le repos de l’hiver ou la rudesse de l’été n’existaient pas ?
Comme s’ils ne méritaient aucune considération ?
Des moments indignes !?
Pas assez intéressants, parce que pas assez beaux ?
Pas présentables ?

Sottises (dignes du sot que je suis).

Dans la nature, la beauté est disponible, présente, pour qui veut la voir.
Partout, et tout le temps. Elle ne se cache pas.

Et puisque ce qui est beau c’est ce qui nous touche, c’est ce à quoi nous sommes sensibles, c’est ce qui nous fait réagir… c’est donc à notre regard de changer sur ce qui nous entoure, afin de percevoir cette subtile résonance du beau qui vibre en nous.
C’est apprendre ainsi à ne pas être sensible qu’aux chants forts et intenses de la vie, mais aussi se mettre à l’écoute du plus infime de ses murmures.
Murmures et chants participant à la même mélodie.

A cela, il n’y pas pas de recette miracle, ni de leçon à donner (à part de soi à soi).

Pourtant, quoi de plus normal que d’être enchanté par la vie lorsqu’elle est éclatante et merveilleuse ? Mais, il y a aussi de la beauté, fragile, dans la décrépitude, ici toute végétale, ne serait-ce que parce qu’elle est une étape de transition : de la vie à la vie.

Et l’hiver est ce moment de lien, de l’automne au printemps.

C’est ce que m’apprennent ces quelques photographies, que je n’ai pas prises (comme cette fois-là).

Elles sont une belle leçon pour moi, qui suis par ailleurs toujours très sot.
Mais j’apprends à l’être un peu moins à chaque hiver qui passe.

De toute évidence, sur ce chemin, il n’y a pas de grandes enjambés : juste de tous petits pas.

L’abandon.
Mikado.
Libres.Un goût sucré déjà lointain…
…appartenant au souvenir comme à l’avenir.
Belles et mauvaises à la fois.
Muer pour s’élever.
Nouer des liens.
Ou s’enlacer.
Le basilic d’hier sera là demain.
Croquer la vie.
Cadeaux des oiseaux dans le creux du banc en bois.
Lieu de dégustation.
La vie !
Toujours !
Et ce qui en révèle toute la saveur : l’amour !

lumière d’automne

L’automne est là.

La caresse des brumes matinales rend l’atmosphère plus humide.
Et le soleil fait maintenant preuve d’humilité : ce qu’il dévoilait en grandes pompes sous le feu éblouissant et dévorant de l’été, il l’esquisse désormais de biais, avec plus de sensibilité.
Donnant naissance à des chefs d’œuvres trop longtemps oubliés.
Et c’est aujourd’hui lui l’artiste. Avec ses rayons pour pinceaux, il s’amuse à transformer la toile de la vie au fil de journées si uniques et si différentes les unes des autres. Des journées tantôt nuageuses, tantôt venteuses ou pluvieuses, l’éclaircie n’en devenant que plus prodigieuse.

Au lever, l’astre orangé fait scintiller les gouttes de rosée tandis que merles et moineaux se délectent joyeusement de ces vers qui leur sont offerts.
Sous cette lumière réconfortante, des feuilles chutent. Mortes.
Et pourtant pleines de vie, tournoyant encore et encore durant cette lente et dernière valse.
Au coucher, la nuit scelle en nous ces instants d’éternité.
Jusqu’au prochain enchantement, sitôt le jour levé.

Mais finalement, le soleil n’est pas l’artiste.
Il fait partie du tableau et de ses couleurs, dont il donne le ton.
Par ses rayons il n’est qu’un doigt pointé comme pour nous ouvrir les yeux sur la beauté de la vie.
Une beauté qui était déjà là, dans le piaillement de ces oiseaux, à la surface de ce fleuve, sur l’écorce de cet arbre ou perdu dans ses feuillages, dans les écailles d’un poisson se faufilant sous un rocher ou bien en plein cœur de ces nuages.

La lumière du soleil d’automne nous offre l’opportunité de simplement voir ce qui est, avec un peu plus de délicatesse qu’au cours de la saison passée.

Les yeux désormais timidement ouverts, cette lumière nous permet alors de distinguer puis de contempler le rouge gorge craintif, d’être enchanté par les scintillements des vaguelettes à la surface de l’eau, de se perdre dans le blanc saturé des nuages, ou d’être happé par les reflets dorés de toutes ces feuilles qui vibrent au vent.
Et dont la chute devient un ravissement.
Des feuilles qui embrasseront bientôt la terre pour la nourrir et participer à ce cycle sans fin.

Un cycle sans fin, fait de vies et de petites valses, de gouttelettes, de reflets, de lumières, et d’instants de bonheurs.

La vue de la pluie.
L’odeur de la pluie.
Le son de la pluie.
La fraîcheur de la pluie.

C’est à ce moment là que le jardin s’exprime pleinement.
Avec le murmure des feuilles plissant sous les gouttes d’eau.
Avec ses verts profonds. Autant noirs que brillants.
Avec ses pierres luisantes, révélant alors tout leur potentiel. Des joyaux.
Nues. Naturelles. D’une beauté brute et totale.
C’est à ce moment précis que le jardin vous pénètre par son atmosphère. Mélancolique.
Et qu’il dévoile alors son âme.

Mais cette âme n’est que générosité. Cette mélancolie n’est que pure beauté.
Et cette beauté ne peut qu’entretenir la joie.

Alors, non.
Pas d’amertume les jours de pluie, dans le cœur de celui ou de celle qui contemple cet instant. Mais plutôt une douce et agréable mélancolie qui vient tendrement réchauffer votre âme.

impermanence

Comme un écho à la joie de Thierry, dans son jardin aux multiples fuji, nous avons également eu la chance de découvrir cette année le spectacle majestueusement offert par « notre » glycine.

Alors que ses doux effluves attiraient progressivement de nombreuses abeilles, nous goûtions aux joies évanescentes de l’instant.
Cueillant le moment présent, acteur du temps qui passe.

C’était hier. Déjà.
Aujourd’hui, les abeilles et les fleurs ont disparu. Cédant ainsi leur place à un toujours plus dense feuillage d’où naîtra une ombre fraîche et apaisante.
Demain, les feuilles tomberont elles aussi, tout comme les fleurs.
Arrivées à la fin du cycle de la vie.
Et tout recommencera, au printemps prochain.

D’autres bourgeons. D’autres feuilles, d’autres fleurs.

Et d’autres moments à cueillir au présent.

miroir de l’âme

Chaque photographie capture un instant, un sentiment.
Le regard porté par son auteur sur un sujet, sur une ambiance.
Un regard parfois direct, explicite.
Mais parfois, ce regard est plus subtil. Plus diffus.
Le fruit du simple murmure de l’instant.
Et chaque photographie en est le reflet, de ce regard.

Les reflets qui vont suivre sont les siens, ceux de mon âme sœur.
En les visionnant, je les ai moi-même vécus.
Ces reflets, ces murmures de l’instant, ils sont aussi devenus un peu les miens.

La délicatesse des jeunes pousses d’érable

Qui s’épanouiront, je l’espère, dans leur nouvel emplacement

Qui a dit qu’un si petit jardin ne pouvait pas être à la croisée de tant d’univers ?

Le regard s’élève

Il se précise

Puis s’égare au loin.

Les rayons du soleil transpercent les jeunes feuilles.

Mais déjà, notre regard emprunte le chemin

Pour finir par contempler le ciel

Ce jour anniversaire, chère âme sœur, est lui aussi, un peu le mien.