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lumière d’automne

L’automne est là.

La caresse des brumes matinales rend l’atmosphère plus humide.
Et le soleil fait maintenant preuve d’humilité : ce qu’il dévoilait en grandes pompes sous le feu éblouissant et dévorant de l’été, il l’esquisse désormais de biais, avec plus de sensibilité.
Donnant naissance à des chefs d’œuvres trop longtemps oubliés.
Et c’est aujourd’hui lui l’artiste. Avec ses rayons pour pinceaux, il s’amuse à transformer la toile de la vie au fil de journées si uniques et si différentes les unes des autres. Des journées tantôt nuageuses, tantôt venteuses ou pluvieuses, l’éclaircie n’en devenant que plus prodigieuse.

Au lever, l’astre orangé fait scintiller les gouttes de rosée tandis que merles et moineaux se délectent joyeusement de ces vers qui leur sont offerts.
Sous cette lumière réconfortante, des feuilles chutent. Mortes.
Et pourtant pleines de vie, tournoyant encore et encore durant cette lente et dernière valse.
Au coucher, la nuit scelle en nous ces instants d’éternité.
Jusqu’au prochain enchantement, sitôt le jour levé.

Mais finalement, le soleil n’est pas l’artiste.
Il fait partie du tableau et de ses couleurs, dont il donne le ton.
Par ses rayons il n’est qu’un doigt pointé comme pour nous ouvrir les yeux sur la beauté de la vie.
Une beauté qui était déjà là, dans le piaillement de ces oiseaux, à la surface de ce fleuve, sur l’écorce de cet arbre ou perdu dans ses feuillages, dans les écailles d’un poisson se faufilant sous un rocher ou bien en plein cœur de ces nuages.

La lumière du soleil d’automne nous offre l’opportunité de simplement voir ce qui est, avec un peu plus de délicatesse qu’au cours de la saison passée.

Les yeux désormais timidement ouverts, cette lumière nous permet alors de distinguer puis de contempler le rouge gorge craintif, d’être enchanté par les scintillements des vaguelettes à la surface de l’eau, de se perdre dans le blanc saturé des nuages, ou d’être happé par les reflets dorés de toutes ces feuilles qui vibrent au vent.
Et dont la chute devient un ravissement.
Des feuilles qui embrasseront bientôt la terre pour la nourrir et participer à ce cycle sans fin.

Un cycle sans fin, fait de vies et de petites valses, de gouttelettes, de reflets, de lumières, et d’instants de bonheurs.

La vue de la pluie.
L’odeur de la pluie.
Le son de la pluie.
La fraîcheur de la pluie.

C’est à ce moment là que le jardin s’exprime pleinement.
Avec le murmure des feuilles plissant sous les gouttes d’eau.
Avec ses verts profonds. Autant noirs que brillants.
Avec ses pierres luisantes, révélant alors tout leur potentiel. Des joyaux.
Nues. Naturelles. D’une beauté brute et totale.
C’est à ce moment précis que le jardin vous pénètre par son atmosphère. Mélancolique.
Et qu’il dévoile alors son âme.

Mais cette âme n’est que générosité. Cette mélancolie n’est que pure beauté.
Et cette beauté ne peut qu’entretenir la joie.

Alors, non.
Pas d’amertume les jours de pluie, dans le cœur de celui ou de celle qui contemple cet instant. Mais plutôt une douce et agréable mélancolie qui vient tendrement réchauffer votre âme.

impermanence

Comme un écho à la joie de Thierry, dans son jardin aux multiples fuji, nous avons également eu la chance de découvrir cette année le spectacle majestueusement offert par “notre” glycine.

Alors que ses doux effluves attiraient progressivement de nombreuses abeilles, nous goûtions aux joies évanescentes de l’instant.
Cueillant le moment présent, acteur du temps qui passe.

C’était hier. Déjà.
Aujourd’hui, les abeilles et les fleurs ont disparu. Cédant ainsi leur place à un toujours plus dense feuillage d’où naîtra une ombre fraîche et apaisante.
Demain, les feuilles tomberont elles aussi, tout comme les fleurs.
Arrivées à la fin du cycle de la vie.
Et tout recommencera, au printemps prochain.

D’autres bourgeons. D’autres feuilles, d’autres fleurs.

Et d’autres moments à cueillir au présent.

miroir de l’âme

Chaque photographie capture un instant, un sentiment.
Le regard porté par son auteur sur un sujet, sur une ambiance.
Un regard parfois direct, explicite.
Mais parfois, ce regard est plus subtil. Plus diffus.
Le fruit du simple murmure de l’instant.
Et chaque photographie en est le reflet, de ce regard.

Les reflets qui vont suivre sont les siens, ceux de mon âme sœur.
En les visionnant, je les ai moi-même vécus.
Ces reflets, ces murmures de l’instant, ils sont aussi devenus un peu les miens.

La délicatesse des jeunes pousses d’érable

Qui s’épanouiront, je l’espère, dans leur nouvel emplacement

Qui a dit qu’un si petit jardin ne pouvait pas être à la croisée de tant d’univers ?

Le regard s’élève

Il se précise

Puis s’égare au loin.

Les rayons du soleil transpercent les jeunes feuilles.

Mais déjà, notre regard emprunte le chemin

Pour finir par contempler le ciel

Ce jour anniversaire, chère âme sœur, est lui aussi, un peu le mien.

printemps

En ce printemps 2011, le jardin prend ses aises… et du coup, certains de nos chers amis végétaux doivent être déplacés : devenus trop grands pour leur emplacement initial, étouffés par leurs proches congénères ou bien encore non idéalement exposés dans un jardin où le soleil règne en maître…
Finalement, il ne suffit aux simples observateurs improvisés jardiniers que nous sommes, de redonner un peu d’harmonie à ce paysage, pour que tout le monde s’y plaise à nouveau.
La démarche est simple : suivons juste le guide !
Car Dame-Nature a encore parlé.

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